
« Le 26 juillet? Je suis invité? » Puis l’étincelle. « Ah, les Jeux ». Une fois qu’on a retenu la fameuse date, on ne l’oublie plus. Le vendredi 26 juillet et les jours suivants, tout le monde, en France, sera concerné. Certains, fascinés par le sport, se réjouiront par avance de la retransmission des épreuves de javelot ou de hockey sur gazon. D’autres regarderont avec des yeux ébahis la cérémonie d’ouverture à la télévision. Les plus chauvins, enfin, pousseront un cri primal à chaque médaille d’un athlète français.
Pas seulement à Paris. Mais tous les autres? Et vous? Et moi? Nous aussi, nous sommes concernés par cet événement estival, dont les premiers effets se manifesteront en juin et dont les derniers feux brilleront en septembre. Cette période aura vraisemblablement des répercussions sur votre vie quotidienne. Où que vous habitiez, pas seulement à Paris, pas seulement en Seine-Saint-Denis. Bref: notez la date tout de suite.
Le vendredi 26 juillet, c’est surtout dans la capitale que ça se passera, certes. La ville sera bloquée, sous cloche, gelée. Compte tenu des impératifs liés à la cérémonie d’ouverture le long de la Seine, il sera très compliqué de se déplacer, de rejoindre une gare, même en métro, du lever du soleil et bien plus tard après son coucher. A partir de 19 heures, plus aucun avion ne volera à 150 kilomètres à la ronde.

De 6h30 à minuit. La galère se poursuivra les jours suivants, à Paris, en petite couronne et dans une partie de la grande couronne, jusqu’au 11 août au moins. Et de nouveau du 28 août au 8 septembre, pour les Jeux paralympiques. De vastes périmètres resteront fermés à la circulation motorisée, et, pour certaines voies, même à pied, de 6h30 à minuit. Des espaces seront dégagés pour stationner les cars. Certains taxis promettent déjà de se carapater loin de Paris. Les multiples épreuves sportives se traduiront par un va-et-vient permanent entre les 26 sites et les lieux de logement. L’impératif olympique écrasera tout.
Plusieurs épreuves, comme le marathon ou le cyclisme sur route, traverseront des quartiers entiers, des villes de banlieue, pendant plusieurs jours. En septembre, la semaine de la rentrée scolaire, Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) sera bloquée raison de l’épreuve de para-cyclisme. Le comité olympique promet que l’accès aux sites à vélo sera privilégié. Mais il n’y a pas que les spectateurs qui pédalent. Pourra-t-on continuer à se déplacer à vélo à Paris? Rien n’est moins sûr, alerte l’association Paris en selle.
Livraisons, « une machine de guerre ». La fermeture de nombreuses voies à la circulation motorisée compliquera la logistique urbaine. Les livraisons des magasins, des pharmacies, des marchés, des particuliers (ceux qui commandent des burgers parce qu’ils ont la flemme de descendre leurs trois étages) sera inévitablement perturbée. Faut-il encore davantage développer la logistique nocturne? Les salariés des commerces parviendront-ils à rejoindre leur lieu de travail? La logistique s’apparentera à « une machine de guerre », glisse un spécialiste.
Surcrise du logement. A cela s’ajoutera une surcrise, temporaire, du logement. Les volontaires sont ainsi appelés à se loger par leurs propres moyens. Début septembre, pour cause de paralympiques, des écoles devront décaler leur rentrée. Certes, de nombreux « Parisiens », comme on appelle les Franciliens dans le reste du pays, quitteront la région Ile-de-France, bien plus que d’habitude à cette période. Une partie des salles de spectacle parisiennes fermeront leurs portes, bon nombre de commerces également. «Rien ne me donne envie de rester», pouvait-on lire dans Le Parisien.
Et là, on comprend que cette affaire concerne toute la France, au moins. Caricaturons un peu. Les « Parisiens » loueront à prix fort leur minuscule logement sur Airbnb, et, une fois le pactole empoché, iront prendre le vert quelque part « en province », où ils seront si nombreux et si disposés à payer qu’ils feront monter les prix des locations.

« En province »: pas de festivals, moins de conducteurs de bus. Au même moment, les policiers, les agents de sécurité, les conducteurs de bus, dans toute la France « et même en Belgique », confie un opérateur de transports, auront été mobilisés, happés par la grande machine olympique. Et les semaines suivantes, les mêmes prendront sans doute un repos bien mérité. Les festivals d’été, partout en France, sont priés de se tenir avant le 21 juillet ou après le 15 août. Plusieurs villes ont même renoncé aux fan-zones, faute de personnel de sécurité suffisant. Résumons: un afflux de vacanciers ou de télétravailleurs dans des régions sans bus, ni activités culturelles, ni lieux collectifs pur regarder les JO. Vous le voyez venir, le problème?
Alors, vous faites quoi le 26 juillet? Vos témoignages m’intéressent. Merci par avance!
Olivier Razemon (l’actu sur Twitter et sur Mastodon, des nouvelles du blog sur Facebook et de surprenants pictogrammes sur Instagram).

14 réponses à « [Appel à témoignages] Vous faites quoi le 26 juillet? »
Je pars de France !!!
Et franchement, pas du tout fière d’appartenir à ce pays qui n’a pas de problème à faire passer un événement élitiste devant le bien-être de sa population !
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J’hésite à venir en famille, et montrer cet évènement à mes enfants. Mais j’ai l’impression que tout est fait pour décourager les francais de participer, et que les contraintes sécuritaires seront telles que le plaisir en sera gaché, à moins d’être un VIP . Je resterai sans doute dans les Alpes
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Merci. On attend quand même 15 millions de visiteurs, dont 13.5 millions qui viendront des autres régions de France.
Je me demande sir les fan zones auront le succès escompté.
OR
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JE suis cycliste à Paris et me fais une joie d’être là pour les JO, j’ai pu avoir des billets à moins de 50€ pour du kayak, de l’aviron, du rugby à 7… et je compte bien aller me balader dans les coins sans bagnole à cette occasion.
Oui, il y aura des contraintes, mais j’aime l’idée de voir ma ville en partie piétonnisée, d’avoir une grande fête du sport pendant quelques semaines, bref j’espère que les jeux seront vécus comme une grande fête et me fais une joie d’y participer.
Je sais, je sais, j’ai tendance à voir le verre à moitié plein 😉
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Merci. Bravo pour les billets olympiques!
Je ne sais pas s’il sera vraiment possible de « se balader » dans les coins sans bagnole, en sachant qu’il s’agit de périmètres constitués autour des sites olympiques, et que les voies d’accès ne seront pas forcément pensées pour le vélo. J’ignore s’il sera possible par exemple de traverser ces périmètres à vélo.
Voilà autant de questions auxquelles j’essaierai de répondre d’ici là!
OR
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Je suis de plus en plus critique de la compétition sportive, qui reflète la compétition, la concurrence au cœur même de notre modèle de société. Et toujours au détriment du bien commun.
J’ai boycotté la coupe du monde au Qatar, je boycotterai les JO (et en attendant je ferai tout pour enfin parvenir à résister aux images du Tour de France).
Je suis content d’habiter en province, bien loin de ce tohu-bohu. Mais bien sûr nous dégusterons tous où que nous soyons, j’imagine qu’un événement comme celui-ci contribue bien l’un ou l’autre centième de degré à la catastrophe climatique.
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C’est en effet un grand cirque, et je suis frappé par le fait que malgré l’opposition croissante des Franciliens à ces jeux, le gouvernement se soit précipité pour proposer la candidature des Alpes aux jeux d’hiver de 2030, acceptée faute d’autres candidats. J’en déduis que ce genre de grand messe olympique n’intéresse plus beaucoup les pays normaux, mais continue visiblement de fasciner les Etats imbus d’eux-mêmes.
https://www.lemonde.fr/sport/article/2023/11/13/paris-2024-la-perception-des-jeux-olympiques-atteint-la-cote-d-alerte-chez-les-franciliens-selon-un-sondage_6199868_3242.html
OR
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Montmartrois, je serai vraisemblablement dans les Alpes le 26 juillet, sans pour autant mettre en location mon appartement parisien. Les « perturbations » liées au JO ont commencées il y a plus d’un an avec la fermeture de la piscine Dauvin (75018) pour travaux de rénovation en vue d’accueillir des entraînement au pentathlon pendant les JO. Le comité olympique ne s’est pas soucier de trouver des solutions de remplacement pour les séances de lutte contre l’aquaphobie ou de sport-santé organisées par notre club.
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Merci. C’est quand même sidérant. Je mets la fermeture de cette piscine au débit des JO.
OR
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Bonjour,
Depuis le décret du 27 juin 2020 permet au COJO, les Jeux olympiques et paralympiques ont été ajoutés sur la liste des compétitions sportives internationales, organisées en France, bénéficiaires du régime fiscal prévue à l’article 1655 septies du code général des impôts. Selon cet article, les organismes chargés de l’organisation en France d’une compétition sportive internationale ne sont pas redevables sur les bénéfices et revenus, réalisés en France ou de source française, ni sur les rémunérations versées aux salariés de l’organisme.
Donc pas besoin d’aller à l’étranger pour trouver un paradis fiscal.
Bien évidemment, simple particulier, les revenus issus de la location de votre logement seront soumis à l’IR et aux prélèvements sociaux…
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Je suis Parisien, d’habitude je pars à cette période mais là je suis bien décidé à passer une semaine à Paris, j’ai des places pour l’Aviron et le Tennis de Table. Je suis enthousiaste à voir ma ville mise en valeur et envahie de visiteurs de Province ou de l’Etranger, j’espère que nous saurons tous bien les accueillir. C’est aussi une occasion unique de débarrasser encore plus Paris des voitures et des motos qui l’encombrent et la polluent le reste de l’année.
J’aime beaucoup vos articles et regrette juste que vous n’en écriviez pas davantage !
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A l’époque, les villes qui voulaient se porter candidates à l’organisation des JO 2024 (Rome, Hambourg, Budapest) se sont retirées à la suite de la consultation des habitants (ou de sondages sur le résultat de cette potentielle consultation). Sauf Paris ! (et Los Angeles). Pas besoin de demander aux habitants, nos élites savent mieux ce qui est bon pour nous.
Et non contents de s’abstenir d’une consultation, on décide d’une cérémonie d’ouverture dantesque, surréaliste, et disons le, complètement irresponsable d’un point de vue sécurité. Mais faut bien faire mieux que les autres, surtout par rapport aux Jeux de Londres (ah ces anglais).
Donc le 26 juillet, j’hiberne ! Au vu du battage médiatique déjà en cours depuis plusieurs mois (années …), ça va être difficile et je serai certainement de l’humeur de l’ours qu’on dérange dans sa grotte.
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Rien à faire des JO et du sport télévisé. Je préfère faire du sport, que le regarder. JO défiscalisés en plus, comme la coupe du monde de rugby, la coupe du monde de foot etc. (décision prises sous F. Hollande…) tandis que le gvt s’empresse de taxer à mort les Français qui mettront leur appart sur Airbnb. Pensez-vous, une activité hôtelière, c’est le même coût qu’une location nue (gros rires) !
Je déteste le totalitarisme.
Donc, comme j’ai le plaisir maintenant de travailler partie en province, partie en région parisienne, j’espère que j’aurai le plaisir de travailler en province à ce moment là et de récupérer en partie l’argent que me coûtent ces JO en tant que contribuable par la location de mon appart en RP.
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Que ferez vous le 26 juillet ?
Je mets mes affaires dans un garde-meubles et je retourne vivre chez mes parents (ou à la rue). Je suis locataire dans Paris intra-muros et mon proprio vient de me signifier la fin de mon bail pour pour pouvoir faire du RBnB à 500 € la nuit…
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