[Mis à jour, 1er juillet 2015] Allez sur le site de la RATP et inscrivez « climatisation » dans l’onglet de recherche. La réponse ne se fait pas attendre. « Aucun résultat ». On s’en était rendu compte. La complainte est récurrente, les quelques jours d’été où la température à Paris dépasse les 30°C. En fin de journée, on subit la chaleur, la fatigue, la moiteur des barres métalliques et la transpiration. La sienne comme celle des autres.

Pédaler, ça pue ? On n’est pas forcément plus au frais à vélo. Le tee-shirt colle à la peau et pour peu que l’on soit équipé d’un sac à dos, il est impossible de cacher à ses collègues que l’on est arrivé au bureau en pédalant. Si le dress code de l’entreprise impose l’uniforme costume/tailleur, le vélo est même à bannir les jours de fortes chaleurs. L’argument est d’ailleurs avancé de temps à autre par les réfractaires à la bicyclette : « Quand chacun viendra avec son odeur le matin, considérera-t-on cela comme un progrès ? » interrogeait en substance un commentaire récent (et anonyme) sur ce blog.

Les écologistes seront furieux, mais le seul moyen de se rendre au travail sans transpirer, les jours de canicule, semble être la voiture climatisée. Ou éventuellement le scooter, qui présente l’avantage de fendre l’air, même s’il doit faire sacrément chaud sous le casque. Ces modes génèrent toutefois d’autres nuisances. La ville est encombrée, les pots d’échappement agressent le nez des piétons et dans la circulation, comme d’habitude, c’est la règle du plus fort qui l’emporte. Et puis, quand même, ces autos évoluant, toutes fenêtres fermées, dans un embouteillage monstre, c’est sacrément polluant.

Des RER climatisés. D’autres solutions existent. Les transporteurs ont pris conscience qu’un bus ou un métro bondé, un jour de canicule, dévalorisait l’image des transports en commun. Plusieurs réseaux ont adopté la climatisation. A Cannes ou à Marseille, un agréable courant d’air frais salue les passagers dès qu’ils pénètrent dans un bus. La RATP énumère ses efforts ici. Ils consistent essentiellement à améliorer la ventilation des rames. On trouvera ici un article assez complet sur le sujet, même s’il date de 2010.

Le site de la RATP, le 1er juillet 2015.Dans le RER A, la régie parisienne a installé en 2011 de nouvelles rames, les « MI09 », équipées de « ventilation réfrigérée », car la climatisation se révèle « énergivore ». Tous les habitués ne sont pas convaincus. « Certains trains sont climatisés, d’autres pas, mais il est pratiquement impossible de les distinguer de l’extérieur, sauf aux fenêtres. Si elles sont fermées un jour de chaleur, c’est que le train est climatisé« , souligne Nicolas, qui prend la ligne tous les matins. On conseillera au transporteur une solution assez basique, mais qui fonctionne : indiquer sur une affichette que telle rame est climatisée alors qu’elle ne l’est pas. Ça marche. Cette méthode Coué est détaillée ici.

A vélo, « une bonne alimentation » pour ne pas trop suer. Les associations de cyclistes, de leur côté, réfléchissent depuis longtemps à la manière de concilier vélo et chaleur. L’installation de douches dans les locaux des entreprises fait partie de leurs revendications. Sur le site suisse HappyAds (désormais désactivé, NB 3/11/13) figurait une liste de conseils s’adressant aux néophytes du vélo par temps chaud : « ne pas aller trop vite, aller au boulot tôt le matin, rouler en T-shirt, puis, une fois arrivé, attendre 10 minutes d’avoir fini de transpirer. Ensuite se laver le corps avec un gant de toilette, ou mieux prendre une douche, et enfiler ses habits de la journée ». Enfin, « pour éviter les odeurs corporelles », le site conseille de privilégier « une bonne alimentation, ne pas manger trop de viande, de charcuterie ou de sel. Et boire beaucoup d’eau, au minimum 2 litres par jour ».

Sur le même forum, les cyclistes quotidiens se montrent intarissables sur la meilleure manière de contrer la chaleur… et les idées reçues. « Mes quelques collègues qui roulent 2 à 5 km à vélo ne se changent jamais, et ne sentent rien de particulier. Le seul collègue qui sent parfois fort est un gars stressé qui fait une heure de bagnole tout les matins », affirme un internaute, sous le pseudonyme « Velodumatin ».

Descendre sous terre. En ville, lorsqu’il fait chaud, chacun a son truc. Nelson (le prénom a été modifié) vit dans le 10ème arrondissement de Paris et travaille dans des bureaux situés au-dessus de la gare Montparnasse. Habituellement, ce cadre, qui doit impérativement vêtir un costume-cravate pour travailler, monte dans un bus. « Je préfère voir la ville », dit-il. Mais lorsque la chaleur pèse et que le soleil transperce les vitres de l’autobus bloqué dans les embouteillages, Nelson descend sous terre et prend le métro. Au moins, le voyage est plus court et les rayons du soleil sont absents.

Ludovic, qui vit à Drancy (Seine-Saint-Denis) et travaille à Paris, prend le RER B. « J’ai repéré de longue date les quelques sièges (8 a 10 par voiture) qui bénéficient d’un vague air circulant », raconte-t-il. Ce qui ne m’empêche pas d’arriver « bien trempé » au bureau. Ludovic tonne contre « nos normes vestimentaires absurdes », les costumes et pantalons longs pour les hommes alors que « des shorts – chemisettes seraient plus appropriés ». Reste une question, non moins fondamentale : a-t-on raisonnablement le droit de porter une chemisette ?

Olivier Razemon

NB : pour finir, une chanson de Pierre Perret qui résume bien la température ressentie dans les couloirs du métro de Paris. « En plein hiver su’l quai de l’Hôtel de ville, c’est comme juillet au Lavandou. »

 

 

 

95 réponses à « Petits conseils pour éviter la transpiration dans le métro (et à vélo) »

  1. Avatar de Emmanuel M Favre-Nicolin

    J’habite au Brésil et j’ai un blog em Portugais où je discute pas mal de trucs relatifs au vélo. Ici la chaleur est supérieure à 27ºC 360 jours par an dès 8h du matin… J’ai étudié um peu la question. Et j’ai testé quelques trucs.

    La technique plus simples est très efficace que j’ai utilisée, c’est le pull en coton avec une capuche rempli d’eau jusqu’au niveau du nombril sur tee-shirt dry fit qui ne se manche pas avec l’eau. Avec ça à 40ºC, ici au Brésil, je me sens comme en Hollande et le coût est de zéro. Attention avec les excès de froid!

    Une veste à glaçon pas terrible, trop froid autonomie de environ 25-30 minutes
    http://goo.gl/Iq4J5
    Bien meilleure, une veste qui stocke de l’eau avec un polymère super absorbant. L’eau s’évapore et rafraîchit la personne (au lieu de transpirer, le gilet évapore. Autonomie un peu meilleure 40 minutes ici avec un climat humide. En France avec un climat plus sec, l’évaporation est probablement plus rapide, la sensation plus fraîche mais l’autonomie inférieur. Cependant, avec un bidon c’est facile à « recharger »! J’utilise cette veste tous les jours pour aller au boulot ici au Brésil. 1h15 de vélo température entre 27 e 40ºC!
    http://goo.gl/Z1Uib
    Il existe une technologie plus avancé utilisant une transition de phase à 14ºC (je ne sais pas laquelle) et qui n’utilise pas d’eau que je n’ai pas encore testé. C’est un peu plus cher mais ça doit valoir la peine et ça doit permettre de se déplacer en costume cravate car le gilet peut être caché sous le costard…
    http://goo.gl/nzHdu

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    1. Avatar de Olivier Razemon
      Olivier Razemon

      Merci pour votre contribution, hélas peu utile pour les lecteurs européens en cette saison, mais je m’en servirai dès que l’hiver sera fini.
      Bon été
      OR

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  2. Avatar de Jean-Marc
    Jean-Marc

    Marrant, les cultures vestimentaires, selon les boites :

    Prenons 2 populations d’informaticiens, de compétences équivallentes :

    la moitié travaillent au luxembourg, dans une banque, SANS JAMAIS ÊTRE AU CONTACT D’UN CLIENT, mais toujours entre eux = ils sont tous en costume cravate
    l autre moitié travaillent dans un autre milieu, en étant parfois au contact avec des clients : le bermuda – T-shirt est ultra courant chez eux, en été.

    Après, dans CHAQUE boite, il y a ceux qui osent s’habiller comme ils l entendent… et qui -forcément- se prendront qq remarques de la part d abrutis ou de jaloux; et ceux qui préfèrent suivre sans faire de vague, même s’ils trouvent leur uniforme inadapté à la saison et aux économies d’énergie qu’il faudrait faire (suppression/baisse de la puissance de la clim).

    Dernière précision :
    j’ai rarement été incommodé (même si c est deja arrivé) par l’odeur de cyclistes.

    par contre, des employés de banques, en chemise + veste en plein été… j en ai deja croisé plus d’un qui te donnent envie de fuir :
    leur tenue, complètement inadaptée, les fait baigner dans leur sueur… une sueur acide, acre, prenante, et dure à supporter.

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  3. Avatar de Xela

    J’ai déjà rencontré ce problème : transpirer à grosses gouttes dans les transports en commun. C’est vraiment un problème quand on a un oral, un rendez vous important ou une présentation devant du public. J’ai donc commencé à chercher des solutions contre les auréoles de transpiration et je suis tombé sur le site je-transpire.com. Les maillots de corps laulas m’ont sauvée, je n’ai plus de problème d’auréoles de transpiration sous las bras même si je transpire à 40 C° dans le train ou le métro. Alors bonne chance à vous 🙂

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  4. Avatar de stew
    stew

    La chemisette ? Pourquoi pas… ça peut-être classe, regarder les steward Air France, leur chemise d’uniforme est bien une chemisette…

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  5. Avatar de zouzou
    zouzou

    Le vrai problème, c’est que le RER ne respecte JAMAIS les horaires:
    Exemple: heure de passage du RER A à la station La Defense vers 8h sur le papier: 7:52, 7:55, 7:57, 8:00, 8:02, 8:05, 8:07
    en réalité, tous les jours, matin et soir, il y a toujours une bonne raison pour que les trains soient beaucoup plus espacés, malaise voyageur, régulation etc.
    Résultat, on est 3 ou 4 fois plus nombreux dans les rames que ce qui est prévu, pour le même tarif. Moyennant quoi, les rames à 2 étages frigorifiés ont l’air d’être appréciées, à croire que les gens aiment bien être traités comme du bétail.
    Si les heures de passage étaient respectées, avec un train toutes les 2 ou 3 minutes toute cette modernisation qui génère des coûts et de l’inconfort, bruit et froid, ne serait pas nécessaire.
    La RATP n’a qu’à le dire, elle manque de conducteurs.

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  6. Avatar de toto
    toto

    Jusqu’à 5 km en vélo, on a besoin de rien même par forte chaleur à part pédaler un peu moins fort ou moins vite.

    Au dessus de 5 km, il faut prévoir un change (tee-shirt ou autre), si vous travaillez en costume (pas de chance), vous vous changerez en arrivant, ça prend 5/10 minutes, sinon acheter un vélo électrique (VAE) : simple, économique, rapide, et sans sueur si vous le souhaitez.

    Dans tous les cas : il faut bannir le sac à dos.
    Voilà.

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  7. Avatar de fred
    fred

    zut, le titre de l’article me laissait penser qu’on allait avoir droit à des techniques andi-sudation applicables à d’autres domaines.

    Pour ce qui est de la clim’, dans 1 mois, il fera -10 dehors, donc les cyclistes n’auront plus de problèmes de sudation. Bon, on en verra nettement moins aussi (d’ailleurs, y’en a déjà plus…).

    Sinon il y a aussi d’autres solutions qui « n’agressent pas le nez » avec leur gaz polluants : les cyclos ou scooters electriques : plus rapides, plus d’autonomie. Bon, evidemment, comme le VAE, l’energie ne tombe pas du ciel, ça pollue chez le voisin avec de jolies barres d’uranium, mais après tout, chacun sa m….

    Et j’ai toujours du mal à comprendre le raisonnement qui amène à dire qu’il faut entasser tout le monde en ville, et ensuite chercher des solutions aux nuisances que cela entraine. Vouloir de l’air pur et le silence en ville, n’est-ce pas aussi utopique que de réclamer le métro au fin fond de la Lozère?

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    1. Avatar de Rapha
      Rapha

      Bonjour Fred,

      je ne pense pas rester le seul cycliste cet hiver, mais c’est vrai qu’on en rencontre moins les mois d’hiver !

      Cependant, entre le métro en Lozère et le vélo en ville, le rapprochement est un peu rapide, parce que la voiture n’est pas non plus le bon moyen de déplacement intra-muros !
      Dangereux entre voitures, mais contre les vélos, piétons, touristes, etc etc OUI, et en plus ça pue et prend énormément de place pour en général 1,6 personnes !

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      1. Avatar de fred
        fred

        pas 1.6, plutot 1.2 😉

        pas le moyen ideal, certes, mais quand on arrive « d’extra-muros », faut bien en faire quelque chose de la voiture. Si c’est pour se garer en peripherie, et attendre 1/4 d’heure une eventuelle navette, le gain de temps n’y est pas non plus.

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  8. Avatar de Yoald
    Yoald

    Faire du vélo c’est bon pour tout le monde et pour l’environnement. La solution à la transpiration ? La douche au travail.

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    1. Avatar de Bat
      Bat

      Le vélo c’est écolo, donc il faut se doucher une fois de plus pour compenser ?

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  9. Avatar de Patrick
    Patrick

    ce matin en roulant à vélo, j’ai transpiré, mais peu car je roulais doucement. à effort égale, par rapport au piéton, grâce à la vitesse supérieure, le corps et mieux rafraîchi. d’ailleurs on ne demande jamais aux piétons de prendre une douche à l’arrivée ???

    à moto ou en scooter tant qu’on roule c’est peut-être encore mieux, mais à l’arrêt on n’échappe pas à la chaleur supplémentaire du moteur.

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