L’assistance, vous dis-je ! C’est l’assistance qui est électrique, pas le vélo. En d’autres termes, si on ne pédale pas, l’objet n’avance pas. La batterie électrique stimule le pédalier et permet donc d’accélérer le mouvement. Le vélo à assistance électrique (VAE, comme disent les spécialistes) suscite ces temps-ci un enthousiasme enflammé. Beaucoup de citadins se disent prêts à s’y mettre. Quelques élus et techniciens municipaux affirment que « le vélo va devenir un vrai moyen de transport, grâce à l’électrique ». Les marchands de vélos se frottent les mains.

Une niche. Pourtant, malgré ces beaux discours, le marché français du VAE demeure une niche. 56 000 VAE se sont vendus en 2013, un chiffre en progression, mais bien inférieur aux ventes recensées en Allemagne (410 000) ou aux Pays-Bas (192 000) pour la même période. (Plus de détails à lire ici (10 chiffres méconnus sur l’économie florissante du vélo). La tendance devrait toutefois se poursuivre, selon Boris Wahl, fondateur du réseau Cyclable, qui compte 25 magasins en France : « Tous les segments de la mobilité à vélo évoluent dans le même sens et de façon soutenue. C’est le cas pour le vélo électrique, mais également pour le vélo pliant, les biporteurs et triporteurs, le vélo de randonnée, etc. »

Mais au fait, à quoi sert vraiment un vélo à assistance électrique ? Le bureau d’études 6T, spécialisé dans les transports et l’urbanisme, a effectué une enquête sur l’usage des VAE auprès de 400 personnes situées dans quatre pays : Espagne, France, Pays-Bas et Royaume-Uni (disponible ici). Pour télécharger la version complète, (ici), il faut livrer quelques informations personnelles au cabinet 6T.

1/ Combien ça coûte ? C’est très variable. Un VAE de bonne qualité peut coûter plus de 3000 €. C’est cher ? Oui, mais moins qu’une voiture d’occasion. Le prix s’appréciera donc en fonction de l’usage qu’on en fait. Les premiers modèles disponibles auprès du réseau Cyclable comme chez le revendeur Holland Bikes, sont vendus à 1400 €. Chez Décathlon, le premier prix est à 750 €. Le panel interrogé par 6T indique, en France, un prix moyen d’achat de 1060 €. Pour aider les acheteurs, de nombreuses villes proposent une subvention à l’achat d’un VAE : Paris par exemple, rembourse 33 % du prix d’achat, jusqu’à 400 €.

Aux Pays-Bas, le seul des quatre pays considérés où les VAE constituent un marché avancé, le coût d’achat atteint 1468 €. La recharge et l’entretien se chiffrent à 21 € par mois en France, mais seulement 15 € aux Pays-Bas. Les Néerlandais privilégient la qualité. Et pour cause : ils disposent d’aménagements cyclables confortables et d’infrastructures de stationnement sécurisées, un point important pour qui achète un tel objet.

2/ Quelle vitesse maximale ? Les VAE permettent d’aller plus vite que des vélos classiques, mais autorisent surtout un pédalage régulier. « Le redémarrage après un feu rouge n’est plus un problème », confie un utilisateur grenoblois. Dans l’Union européenne, les pédaliers sont bridés de façon à ce que la vitesse ne dépasse pas les 25 km/h. Il existe aussi des « speed e-bikes » qui atteignent les 45 km/h, mais ne sont plus considérés comme des vélos : ils nécessitent une immatriculation, leurs conducteurs doivent porter un casque et ne peuvent circuler sur les pistes cyclables.

3/ Quelle vitesse moyenne ? 19 km/h, selon les répondants, c’est-à-dire davantage que la moyenne d’un véhicule motorisé en ville (18 km/h), qu’un bus (17 km/h) ou qu’un vélo classique (15 km/h). Les utilisateurs disent d’ailleurs parcourir des distances assez longues, 9 km en moyenne. Pour mémoire, le trajet moyen entre domicile et travail est de 11 km pour l’ensemble de la France, un tout petit moins en Ile-de-France.

4/ A quoi ça sert ? A tout ! La réponse est unanime. Le VAE est enfourché pour aller au travail, se promener, faire ses courses, aller au cinéma ou au restaurant, ou encore  transporter des charges. Les vélos assistés rencontrent ainsi un grand succès auprès des artisans et commerçants, de plus en plus nombreux, qui se déplacent à bicyclette. A lire : Victor, le plombier qui se déplace à bicyclette.

5/ Au fond, pourquoi acheter un VAE ? Les motivations sont assez différentes selon les pays. En France ou en Espagne, les utilisateurs comparent le VAE à une voiture, « moins cher » et « plus écologique » que la carcasse motorisée. Aux Pays-Bas, pays de référence, c’est au vélo que le VAE est mesuré : pour 59 % des utilisateurs, il est « plus pratique » qu’une bicyclette classique. Les Néerlandais utilisent en fait le VAE pour prolonger leur usage du vélo. Leur trajet est devenu plus long, ou ils sont devenus plus vieux.

6/ Attention aux déceptions. 6T s’intéresse, à juste titre, aux obstacles que présentent la possession et l’usage d’un VAE. La recharge de la batterie montre parfois des signes de faiblesse. Les utilisateurs déplorent des difficultés techniques liées au vélo lui-même et les difficultés pour trouver un service d’entretien. Même les marques prestigieuses ne disposent pas nécessairement de boutiques partout et les vélocistes les plus expérimentés sont parfois dépourvus. Le vol et les dégradations font aussi partie des inquiétudes, tandis qu’en France, en Espagne, au Royaume-Uni, on s’alarme des « problèmes de sécurité routière », en clair une voirie non adaptée.

« Beaucoup de ceux qui viennent chez Cyclable acheter un vélo électrique nous font part d’une expérience précédente d’achat d’un produit bas de gamme à moins de 1000 € », corrobore M. Wahl. Ces consommateurs s’étaient lancés « sans avoir d’idée précise de l’usage qu’ils comptaient en faire. Naturellement, ces vélos sont peu utilisés, et sont abandonnés au fond du garage dès la première panne », poursuit-il. Seuls les Néerlandais disent massivement ne pas rencontrer de difficultés particulières. L’existence d’un « système cyclable », voirie, stationnement, réparation, communication, favorise grandement l’usage, pas seulement du vélo assisté, mais de la simple bicyclette.

7/ Quel âge ont les utilisateurs ? Une fois de plus, les Pays-Bas se distinguent. Dans ce pays, le VAE est un transport de vieux… Des plus de 50 ans, en majorité, qui se sont déplacés en vélo toute leur vie mais qui commencent à manquer de souffle dans les montées ou face au vent (aux Pays-Bas, c’est plus facilement face au vent que dans les montées). Dans les trois autres pays, ce sont des jeunes, actifs voire étudiants, qui enfourchent un VAE. Ils n’ont pas nécessairement utilisé un vélo avant, ou alors marginalement. Et c’est sans doute aussi pour cela qu’ils achètent un produit de moins bonne qualité. 6T remarque en outre que le VAE séduit à parts égales tous les segments socio-professionnels de la population, des cols blancs aux cols bleus en passant par les retraités : « un mode moins élitiste que l’autopartage ».

8/ Quelles conséquences sur leurs déplacements ? C’est une marotte du bureau 6T : l’engouement pour un mode de déplacement a-t-il une influence sur les autres modes ? Oui, répondent les possesseurs de vélo assisté. Ils prennent moins leur vélo classique, moins leur voiture et empruntent moins les transports en commun. En fait, tous les modes pâtissent de l’usage du VAE, du taxi à la location de voiture en passant par la marche et le scooter… Le VAE est un attrape-tout.

Au salon e-cyclette. © Olivier RazemonOlivier Razemon

 

 

 

136 réponses à « 8 choses à savoir avant d’acheter un vélo à assistance électrique »

  1. Avatar de Douriez
    Douriez

    Pour mes déplacements quotidien, j’ai acheté une vélo pliant électrique chez blanc marine, le modèle 20pm4. La batterie est de bonne qualité et se recharge rapidement. excellent vélo, aucune difficulté dans les cotes du gers, permets de faire des circuits de50km route avec pas mal de cotes et cela sur la deuxième assistance. satisfait après 800 km d’utilisation.aucun défaut.

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  2. Avatar de Victorine

    Bonjour,
    Vous trouverez d’autres conseils et infos pour choisir votre vélo électrique sur http://www.retroelecbike.com rubrique « info ».

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  3. Avatar de Daniel Dezulier

    Nous sommes plusieurs membres de VeloBuc a être passé au vélo à assistance électrique.
    Nous avons tous opté pour des modèles avec moteur dans le pédalier. Ces vélos sont utilisés pour les trajets domicile-travail et pour faire les courses avec une remorque, ou transporter des enfants.

    Avec 35 à 40 km quotidiens à 22 -23 kms de moyenne nous avons parcouru entre 5000 kms pour les adhérents les plus récemment convertis à plus de 12000 kms pour un adhérent.

    Les calculs économiques que nous avons réalisés séparément et confrontés nous ont montrés que nos vélos (2100-2800 euros avec les équipements, sacoches remorques … ) étaient amortis sur une durée allant de 1 an et demi à deux ans et demi.
    Une voiture automobile n’est jamais amortie (3500 à 6000 euros par an).

    Un modèle de calcul économique wallon démontre que pour 1 euro investi dans le vélo le retour économique global pour la société est compris entre 5 et 12 euros.

    le vélo :
    – retire des coûts de santé, directs et indirects
    – retire des coûts d’infrastructure et de circulation
    – retire de l’occupation d’espace au sol, réduit l’impérméabilisation
    – retire des émissions directes, sensibles lors des pics de pollution, et indirecte lors des étapes de fabrication
    + augmente l’espérance de vie en cas de pratique régulière
    + améliore le tissu social et la solidarité car les usagers peuvent se parler, organiser des vélo-bus (déplacements professionnels, accompagnement des enfants à l’école), et réalise une vraie fusion inter générationnelle par la dispersion de l’âge des pratiquants.
    + instruit les pratiquants sur le code de la route dès le plus jeune âge, augmentant la vigilance aux infractions et le respect des règles collectives
    + libère des endorphines et autres substances produisant bien être et éveil mental, améliore la capacité d’écoute et l’empathie
    + procure un sentiment de liberté

    Pour un euro investi « dans le vélo » ou pour les aménagements vélos, il y a un formidable retour sur investissement dans tous les secteurs sensibles : santé, environnement, économie, emploi

    si l’on dépensait ne serait ce que 5% du budget de publicité réalisée pour la voiture pour convaincre des immenses bénéfices apportés par le vélo dans les déplacements au quotidien, nous pourrions envisager de ne plus rester dans le peloton de queue européen des pays où la qualité de l’air est mauvaise et les coups de santé élevés !

    Courage politique certes mais surtout également sens de la responsabilité individuelle pour chaque citoyen ! Et c’est à la portée de tous !

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    1. Avatar de JMB
      JMB

      +1 et je rajoute que c’est également valable pour le vélo sans assistance quand les conditions s’y prêtent.

      Je tique juste sur la dernière phrase : « Courage politique certes mais surtout également sens de la responsabilité individuelle pour chaque citoyen ! Et c’est à la portée de tous ! »
      – Courage politique : il n’y en a plus à moins qu’il y ait des visées électorales. Hors, les déplacements utilitaires à bicyclette ne représentent rien.
      – Sens de la responsabilité citoyenne : aujourd’hui, c’est plutôt le « et moi et moi et moi » qui prévaut et si au passage on peut écraser son voisin, on le fait.
      – A la portée de tous : surtout pour les autres.

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  4. Avatar de Courte
    Courte

    C’est amusant de lire ces commentaires de 2015. En 2018 la plupart des critiques ont trouvées leurs solutions techniques.
    Il n’y a que la législation qui reste très en retard.
    La vitesse d’un vélo limité à 45 km/h est moins rapide qu’un vélo musculaire. Seul le rythme cardiaque est plus bas. En conclusion de considérer un vélo en carbone de 16.5 kg avec une assistance électrique limité à 45 km/h nécessitant 650 kcal musculaire pour 35 km n’est absolument pas un vélomoteur. C’est une catégorie encore différente. Ce n’est pas raisonnable d’apposer une plaque de 21 x 14 cm à l’arrière. Ce n’est pas raisonnable de l’exclure des pistes cyclables. (moins rapide qu’en vélo musculaire).

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    1. Avatar de lyonavelo

      45km/h c’est largement trop ! Bien sur qu’ils leur faut une plaque et interdiction des pistes cyclables !

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  5. Avatar de Pouly
    Pouly

    Nous avons acheté ce vélo 26pm4 électrique pour partir en vacances. Que des pistes cyclables, le bonheur. N’etant pas sportif j’ai apprécié l’aide de l’assistante électrique. Pas de douleurs, pas de fatigue, on a enchainé les kilomètres.

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  6. Avatar de Tihouan
    Tihouan

    Nous avons acheté ce vélo 26pm4 électrique pour partir en vacances. Que des pistes cyclables, le bonheur. N’etant pas sportif j’ai apprécié l’aide de l’assistante électrique. Pas de douleurs, pas de fatigue, on a enchainé les kilomètres.

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  7. Avatar de Lahcen
    Lahcen

    Bonjour,

    Peut-être par ce que je suis vieux, mais je préfère toujours les vélos classiques sans assistance électrique.

    Entres autres, je suis d’accord avec Jim :

    « l n’y a pas de batterie à poubelliser, pas de problème d’autonomie, pas de coût élevé d’entretien. Il me coûte le prix des pneus et des patins, et si je sors de la ville, pour monter à Chamrousse ou ailleurs, je ne suis limité que par mes petits mollets. »

    Moi je monte aux montages d’atlas à Marrakech, Platreu de kik, Ouirgane…

    Circuits Vélos au Maroc
    http://www.bikeadventuresinmorocco.com/francais.html

    Bonne journée tout le monde

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    1. Avatar de Foglieni
      Foglieni

      T’a raison entièrement moi j’ai un cube SL ROAD vtc et je peux dire que les vae sont nul sur piste cyclables je mets la gomme et le rejoui de les laisser derrière ils sont à plaindre ils ont acheté leur vélo en moyenne 2 a4 milles euros et ne savent pas qu’il ont été bridé pour ne pas dépassé 20 km sinon plaque immatriculation port du casque et interdit les pistes cyclable donc waouh je m’éclate avec le mien

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  8. Avatar de Alex
    Alex

    « Les VAE permettent d’aller plus vite que des vélos classiques »
    Depuis quand ? Je fais mon trajet travail à une vitesse moyenne de 30km/h et pourtant je ne suis pas un sportif régulier.
    Quelle utilité de limiter la vitesse si bas à part freiner le développement des transports (un peu plus) écologiques?

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    1. Avatar de Michel
      Michel

      J’ai tjrs fait du vélo et aussi 10 an à La Haye (nl) j’ai maintenant 60 ans et avec mon vélo classiques après 40 km je devenais « out » maintenant je roule +/- 32 km/h si je pousse et je roule tout les jours entre 40 et 80 km sans être « out » voilà ce qui se passe pour ma génération si j’avais 20 ans de moins je resterais avec un vélo de route, je trouve ça totalement logique, la limitation des 25 km/h moi j’ai débrider mais quand je vois le nombre de « nouilles » qui roule je me dis que c’est pas plus mal qu’ils soient brider à 25….

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    2. Avatar de J.J.
      J.J.

      Je suis tout à fait d’accord avec toi avec un vae, sur le plat, il est pratiquement impossible de dépasser les 25 km/h. L’intérêt d’un vae ne se trouve que sur les montées ou on arrive à rouler 2 à 3 km plus vite qu’un vélo traditionnel et à condition d’en avoir la volonté.

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      1. Avatar de Jiplouf
        Jiplouf

        N’importe quoi. Ca dépend avant tout de la géométrie du vélo.
        Beaucoup de VAE sont construits sur une base de vélo de ville, avec lesquels on peut difficilement dépasser 25km/h. Mais un VAE sur une base de VTC permet de rouler facilement à 30km/h sans assistance sur le plat. Et je ne parle même pas de ceux qui ont un cadre de vélo de route.

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