« Forcing », « bras de fer », « entêtement », « résistance ». Anne Hidalgo ne cédera pas. Malgré l’enquête défavorable rendue publique le 22 août, la maire (PS) de Paris procédera bien à la piétonnisation des voies sur berge de la rive droite de la Seine. La commission d’enquête craint que la fermeture de cette voie rapide ne provoque un report de la circulation, des bouchons supplémentaires et donc un surcroît de pollution. Mais la Ville de Paris rappelle que la piétonnisation est une décision politique. Et affirme surtout que le trafic, au bout de quelques mois, s’adaptera à cette restriction.
Une étrange propriété : l’évaporation. En d’autres termes, réduisez le nombre de voies de circulation, et le nombre de véhicules diminuera d’autant. Cette théorie s’appuie sur un constat certes contre-intuitif, mais universel : la voiture est un corps qui présente une étrange propriété, celle de s’évaporer.
Paradoxe de Braess. Le phénomène avait été observé après la fermeture des voies de la rive gauche, en 2013. Sur les boulevards environnants, « les hypothèses de hausse du trafic ont été démenties par les faits », relate Le Monde. En 1968, le mathématicien allemand Dietrich Braess avait montré que, contrairement aux idées reçues, l’augmentation de la capacité des routes aboutissait à une hausse des temps de trajet, et à une augmentation du trafic.
Pont Mathilde. L’inverse est vrai aussi. En octobre 2012, à Rouen, le pont Mathilde, l’un des principaux axes traversant la Seine, prend feu, à la suite de l’accident d’un camion d’hydrocarbures. Le pont, qui accueillait 80 000 véhicules par jour, camions et voitures confondus, doit être fermé jusqu’à l’été 2014. Il sera reconstruit à l’identique.
Durant cet intervalle, certains véhicules s’étaient reportés sur les autres ponts, d’autres avaient contourné l’agglomération. Mais sans que les compteurs n’atteignent le chiffre de 80 000 passages quotidiens Les ingénieurs de la voirie de Seine-Maritime avaient ainsi découvert avec étonnement la disparition d’une partie des véhicules. « Dès qu’on supprime un aménagement urbain, une partie du trafic s’évapore naturellement », appuie l’économiste Frédéric Héran dans Le Parisien.
La même situation s’est produite en février 2015 à Varsovie, après la fermeture du pont Lazienkowski, dû à l’incendie d’un échafaudage. Le pont a été reconstruit dès l’automne suivant, mais la ville de Varsovie avait noté entre-temps la disparition de 52 000 voitures sur les 100 000 traversant quotidiennement la Vistule (à lire ici, en polonais).
Plusieurs lecteurs signalent des cas comparables à Lyon, lors de la fermeture inattendue du cours Lafayette ou de celle, prévue longtemps à l’avance, du tunnel de la Croix-Rousse. Aux Etats-Unis, une autoroute de 26 voies, inaugurée en 2008, est déjà bloquée par des bouchons.
Changements de comportement. Pourquoi les voitures s’évaporent-elles ? Précisément parce que, faisant face à la fermeture d’un axe, les conducteurs ne se comportent pas comme des gouttes d’eau. Une partie d’entre eux, parce qu’ils ne peuvent pas faire autrement, cherchent à effectuer le même trajet qu’avant la contrainte. Mais une autre partie des trajets se font à l’aide d’un autre moyen de transport, ou ne se font pas. Chacun d’entre nous en a d’ailleurs déjà fait l’expérience : il était pratique et agréable de prendre la voiture pour dîner au restaurant situé de l’autre côté de la ville. Ce n’est plus possible, faisons autrement. Allons plutôt au restaurant dans le quartier. A pied.
Cela s’appelle le « report modal », et c’est précisément ce qu’encouragent, pour des raisons environnementales, sociales et économiques, tous les spécialistes des transports depuis des décennies.
Olivier Razemon, sur Twitter, Facebook et Instagram.
PS 28 septembre : Le trafic, sur la voie piétonnisée depuis le 20 juillet, s’évapore déjà, selon les premiers chiffres, comme l’explique cet article de Laetitia Van Eeckhout.
A Paris et dans sa région, les alternatives à la voiture ne manquent pas :
15 alternatives efficaces à la voiture individuelle (mars 2015)
Non, « tout le monde » ne possède pas de voiture. La preuve par la carte (mai 2015)

279 réponses à « Quand les voitures s’évaporent »
Il faut censurer les démocrates !
Parole de spécialiste !
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Anne Hildago n’est pas idéologique mais pragmatique.
Il suffit d’observer la congestion du trafic et là dessus, c’est pénible pour TOUT le monde ; perte de temps, pollution, risques accrus pour les modes doux. Bref, il y a trop de voitures dans les villes.
Construire de nouvelles infrastructures coûte très cher et ne résout pas nécessairement le problème sur le long terme : les voies sur berge à Paris construites dans les années 60/70 n’ont pas résorbé le trafic ce jour, au contraire, il a été amplifié par l’augmentation du parc auto. Il y a trop d’autos qui circulent dans un espace restreint et contraint et le fait de pouvoir restreindre le trafic pour le reporter ailleurs et notamment sur les TC et modes doux est une bonne chose.
De fait, il n’y a plus trop le choix.
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il n’y a pas trop d’autos, il ya trop d’habitants. il suffit de réduire le nombre d’habitants et il y aura moins d’autos, donc moins de pollution, et on sera vachement mieux, cela ne serait tarder.
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Si on va à Paris, en voiture, on peut être choqué de ne pas voir beaucoup de garage sous terrain; est-ce que parce que c’est la capitale, cela pose de gros problèmes de sécurité, cela demande une grande discipline, quand on voit la conduite des automobilistes, on se dit qu’il ne vaut mieux pas qu’ils aient trop de garage sous terrain. Si on y va en train, on peut être surpris lorsqu’on passe par une rue, le trottoir ne fait que trente centimètres de large, il n’y a qu’une vingtaine de voitures garées de chaque coté; un garage sous terrain, c’est cinq cent places donc vingt cinq rues sans bagnole. Si on prend un passage piéton, c’est très dangereux, les vitesses des automobilistes sont trop élevées, il manque une ou deux secondes pour poser le pied sur le passage piéton et faire que la voiture vous laisse passer. Les automobilistes sauraient conduire, je ne crois pas, c’est plutôt des gens qui oublient le danger, ont une certaine confiance dans leur conduite, je trouve qu’ils font plutôt n’importe quoi avec leurs bagnoles. Les voies sur berge vont peut-être permettre de créer un circuit pour les piétons, comme il n’y a pas de passage piéton, ils pouraient gagner du temps, quelqu’un qui a l’habitude de marcher, peut presque marcher dix kilomètres en une heure, c’est comme un réflexe, comme écrire, un pied devant l’autre; on peut marcher des heures, rester debout des heures, sans fatigue. Paris, c’est pas si grand, ça fait dix kilomètres de diamètre, cela peut aller très vite à pied, s’il n’y a pas de passage piéton.
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« En 1968, le mathématicien allemand Dietrich Braess avait montré que, contrairement aux idées reçues, l’augmentation de la capacité des routes aboutissait à une hausse des temps de trajet, et à une augmentation du trafic »
Braess a montré que sous certaines conditions l’ajout de nouvelles voies dans un réseau pouvait aboutir à une augmentation du temps de trajet moyen. Deux inexactitudes donc : 1/ ce n’est (évidemment) pas automatique, et 2/ le raisonnement de Braess est à traffic constant.
Sinon, la fermeture des voies sur berges, c’est mieux que rien, mais ça reste quand même de l’ordre des mesures ‘spectaculaires’ que les gens comme Hidalgo aiment bien. Je pense que les automobilistes peuvent se rassurer, Paris n’est pas près de devenir une ville agréable pour les piétons …
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Pas de réponse d’OR ou de Mathieu concernant les erreurs ou inexatitudes de la partie du billet qui concerne les resultats de Braess ? La plupart du temps, je ne connais pas les donnees ou resultats mentionnes sur ce blog mais c’est troublant de constater que, pour une fois que je les connais, le compte-rendu en est trompeur… Je suis a priori pour la fermeture des voies sur berge, mais je n’aime pas les mauvais arguments.
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Pour vivre a Rouen…bah c’etait embouteillé a mort tous les jours aux heures de sortie boulot.
Alors l’evaporation….
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réduisez le nombre de voies de circulation, et le nombre de véhicules diminuera d’autant.
On a déjà l’inverse : en augmentant le nombre de voies de circulation, le nombre de véhicules a augmenté d’autant. Comme ça a marché, pas de raison que le truc de la mairie de Paris marche.
En France, au XIX° siècle et au début du XX° siècle, on a crée le plus fabuleux réseau ferré qui soit. Son emprise sur les paysages ne s’est pas faite sans mal mais il était là. Quand la voiture est arrivée (et surtout le camion), préférence lui a été donnée et son développement s’est figé, ainsi que sa modernisation (voies, matériel roulant). Et on a créé de nouvelles emprises, « à la française », brutales, invasives (comparez avec le réseau routier secondaire anglais). Quel gâchis*.
Exemple local : la ligne Nantes-Châteaubriant, abandonnée à la fin du XX° siècle et restaurée à très grands frais trente ans après.
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J’habite à Lyon, ville largement favorable au vélo pour une ville française.
Je travaille à 14km de mon domicile, et contrairement à ce qui se fait d’habitude, j’habite en ville et je travaille en banlieue (dans l’industrie).
Je précise aussi qu’avec mon salaire, je ne suis pas malheureux, entre le salaire médian et le salaire moyen en France.
Au quotidien je me déplace à vélo (j’ai la chance d’avoir une douche au boulot, mais c’est une chance largement partagée), et je suis rarement plus lent qu’un automobiliste (on compare pas mal avec les collègues qui font le même genre de trajet). Et je ne suis pas un pro du vélo, je pédale pas mal mais rien de fou.
Je fais une grosse partie de mes courses en local (le marché, le boucher, pas beaucoup plus cher qu’une grande surface et de bien meilleure qualité, etc…). Résultat avec ma copine on utilise la voiture deux à trois fois la semaine en moyenne (parce qu’il est parfois difficile de s’en passer, sois qu’on ait des charges à transporter, soit du trajet à faire: on achète pas les meubles à vélo, on ne part pas en vacances sans la voiture ou du moins pas encore, et on fait même certaines courses en voiture quand on a besoin d’une grande surface… Pour les produits ménagers qu’on ne trouve pas dans le petit commerce, ou quand on veut du spécifique genre du poisson parce qu’on a pas de poissonnier. )
Au final je suis très content de ne pas avoir besoin d’utiliser la voiture, parce que c’est moins de stress, je peux prendre le temps de souffler en rentrant chez moi sans être agacé par les bouchons. C’est un moindre coût, si l’on devait se déplacer tous les deux en voiture je pense que sans compter le prix d’achat du second véhicule, on depenserait facilement 150 euros de plus par mois.
Les seules problématiques que je vois sont la dangerosité de certaines infrastructures ou de certaines absences d’infrastructures (pour faire simple, la politique favorable au vélo s’est arrêtée au panneau « Lyon », et dès que je sors de la ville, j’ai 5-6 km en commun avec les voitures), et l’incivilité récurrente des automobilistes qui très souvent se garent sur les pistes cyclable au mépris du danger que cela représente pour les cyclistes, ou bien dépassent sans même s’écarter, quitte à pousser le cycliste dans le caniveau. Sans compter les abrutis qui klaxonnent quand il n’y a clairement pas la place de doubler.
Les principales objections de mes collègues à l’utilisation du vélo ne relèvent pas de l’effort ou de la distance, encore moins de la capacité physique à le faire, mais bien du manque de sécurité sur un deux roues, face à des automobilistes incapables de partager la voirie comme la loi le prescrit pourtant.
Donc la liberté de circuler en voiture, ce sera peut-être un argument quand elle ne s’opposera plus à la liberté de circuler autrement.
Ce qui implique soit des automobilistes civils et intelligents (on peut toujours rêver, mais ce sont des êtres humains), soit des infrastructures adaptées partout (voies cyclables en site propre continu, transports en commun avec parkings relais, lignes de bus disposant de voies dédiées car prendre le bus pour être coincé dans les bouchons c’est rageant)
Mais aujourd’hui la France est très en retard et toute volonté politique de restreindre la priorité de la voiture en ville me paraît très largement souhaitable et positif. D’autant que la population des villes étant appelée à continuer d’augmenter sans qu’il soit possible d’agrandir encore les axes de circulation, il est illusoire de croire en l’avenir de la voiture individuelle pour les citadins.
Pour les banlieusards, ils ne devraient pas avoir besoin de leur voiture pour aller travailler (car elle n’est pas leur outil de travail), et des péages urbains devraient être institués dès lors que sont proposés des transports en commun avec parkings relais, accès pour les vieux et les invalides (déjà le cas dans le métro lyonnais), qui permettent de relier le centre ville avec au maximum deux à trois changement (dans une grande ville comme Lyon ou Paris, la grande majorité des gens travaillent à cinq minutes à pied d’une station de métro, mode de transport rapide, auquel il manque, le plus souvent, seulement le parking relai de taille suffisante, pour accueillir les banlieusards.)
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« Donc la liberté de circuler en voiture, ce sera peut-être un argument quand elle ne s’opposera plus à la liberté de circuler autrement. » Merci de l’écrire aussi clairement, c’est à la fois si vrai et si peu évident pour certains.
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Epouse moi !
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Es un poco mas complicado para la loca:
http://www.lemonde.fr/planete/article/2016/09/05/pietonnisation-des-berges-six-mois-de-test-requis-par-le-prefet-de-police-de-paris_4992400_3244.html
Juan Pedro de Paris, Francia!
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Tiens, un article américain qui constate lui aussi que, même si elle est contre-intuitive, la théorie de l’évaporation des véhicules est bien fondée : http://www.citylab.com/commute/2016/09/burying-a-1950s-planning-disaster/498203/
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La condition préalable à ce « report modal » (en français, l’emmerdement maximal des automobilistes banlieusards pour les contraindre à prendre le RER) n’est-elle pas l’amélioration du réseau de transport en commun et la délocalisation des lieux de travail ? Bien des lignes sont déjà surchargées aux heures de pointe. Est-ce une bonne chose de vouloir en augmenter la fréquentation ?
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Comme vous le suggérez vous-même, l’amélioration des transports en commun n’est qu’un des paramètres. Un autre, probablement plus lourd encore, est celui de l’aménagement du territoire – notamment, mais pas seulement, en Ile-de-France.
Que Choisir faisait remarquer il y a peu qu’en analysant les permis de construire de logements et de bureaux en Ile-de-France, on ne pouvait que conclure que « le pire est à venir » dans les transports franciliens. Le schéma directeur régional d’Ile-de-France n’est même pas appliqué… : https://www.quechoisir.org/actualite-transports-franciliens-pourquoi-le-pire-est-a-venir-n7633/
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sur les 100 000 traversant quotidiennement la Vistule (à lire ici, en polonais).
Merci bcp pour l’article en polonais.
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Evaporation des véhicules = Chômage.
On essaye d’inventer la ville sans voies de communications efficaces (merci pour les tramways qui roulent à 15 km/h). On aura bientôt la ville sans usines, sans commerces (regardez le prix dans les épiceries parisiennes pour estimer les difficultés à livrer), et pour finir, la ville sans emplois.
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C’est évidemment l’inverse qui est vrai.
Le tout-voiture étouffe les villes, en particulier les villes moyennes.
http://transports.blog.lemonde.fr/2016/01/11/au-pays-des-villes-mortes/
Par ailleurs, aucun mode de transport, en ville, ne dépasse 15 km/h en moyenne. Ce qui n’empêche pas les accélérations ostentatoires et nuisibles des engins motorisés.
OR
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et un bus ca pollue combien de fois plus qu’ une voiture
sachant qu’ il tournent toute la journée
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Et un bus, ca transporte combien de fois plus qu’un voiture?
Et pour un meme nombre de personne, un bus prend combien de fois moins de place que X voitures?
Finalement, combiens de personnes ont plus les moyens de se faire transporter annuellement en bus que de payer la voiture, l’essence, les places de parking et l’assurance?
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Razemon, pourquoi tu ne vas pas habiter à la campagne ? Tu mets ta petite famille sur leurs petits vélos, une tente, un seau d’eau, un bol de corn flakes sans gluten de chez C’bio C’bobo et vous dé-guer-pissez, ça nous fera des vacances.
J’aime la pollution, j’aime les voitures, j’aime le bruit, j’aime les parisiens qui puent, qui pètent, qui râlent, qui klaxonnent à 2 heures du mat, j’aime la vie, je déteste la campagne, le calme, l’air sain, le sport, le vélo, le Tour de France, le pain de seigle, les brocolis, les cocos, les démagos, les socialos, les bobos.
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Je suis gay, je pense que vous me détestez encore plus, là, non?
OR
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Comme disait un fameux magicien : « Encore râté ! »
http://www.lepoint.fr/automobile/actualites/voies-sur-berges-un-amenagement-reste-a-quai-21-11-2017-2173966_683.php#xtor=CS1-270
@+ dans le bus (ou pas)
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Ils disent pourtant eux-même qu’ils n’ont pas mesuré…
Mais bon, rapport commandé par Pecresse et commenté par le Point… quelqu’un s’attendait à un truc honnête ?
https://www.challenges.fr/politique/fermeture-des-voies-sur-berges-a-paris-pourquoi-l-evaporation-du-trafic-aura-bien-lieu_514845
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Oui Pécresse et Le Point peuvent parfaitement être honnêtes. Ce n’est pas le propos. En revanche, les auteurs de ce rapport définissent mal la notion d’évaporation du trafic, parce qu’ils ne la connaissent pas, comme l’explique Frédéric Héran dans cette interview à CHallenges. Et ils admettent eux-mêmes qu’ils n’ont pas mesuré et que la mesure avant/après n’est plus possible.
OR
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@Lyon Eh bien alors, on devient complotiste ? C’est vrai qu’Airparif, Bruitparif et la RATP sont connus pour être des organes de propagande de Pécresse.
@OR En sciences, on peut réfuter une théorie catégoriquement par l’expérimentation, mais jamais la prouver définitivement, juste tâtonner pour trouver les conditions dans lesquelles sa justesse est hautement probable.
C’est la première fois qu’une telle expérience sur l’évaporation du trafic est menée, à une telle échelle, avec des mesures de répercutions à l’échelle d’une région, de la voie Pompidou jusqu’à la A10.
En ce qui concerne la véracité de la théorie de l’évaporation, les données qui ont et vont être collectées en Île de France vont totalement supplanter celles qui ont mené à la conjecture issue de la fermeture d’un simple pont à Rouen.
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Non, l’évaporation du trafic n’est pas « une théorie ». C’est un fait, constant et systématique.
Ce n’est pas la première fois, loin de là, que l’on assiste à ce phénomène. Frédéric Héran le rappelle dans cet article:
https://www.challenges.fr/politique/fermeture-des-voies-sur-berges-a-paris-pourquoi-l-evaporation-du-trafic-aura-bien-lieu_514845
OR
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« un fait, constant et systématique », cela n’existe pas les sciences dures comme la physique, alors l’urbanisme …
Ce phénomène a toujours été observé à moindre échelle et dans des situations de moindre centralisation.
Personne ne peut aujourd’hui prévoir si l’ « évaporation » (formule d’évitement qui signifie « forcer les gens à abandonner leur emploi ») va concerner plus qu’une part marginale du trafic.
Pour l’instant, la théorie a justement l’air de ne pas s’appliquer, d’où cet article (mais il est vrai qu’il faut du temps pour trouver un nouvel emploi ou un nouveau logement).
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