Sondage Ifop pour l'Union des transporteurs publics, novembre 21.A votre avis, quels sont les lieux où l’on risque le plus d’attraper le covid? « Les transports publics »! En tous cas, c’est ce que répondent 64% des personnes interrogées par l’Ifop, qui craignent bien moins les bars (46%), les repas de famille (38%) ou les restaurants (25%).

Question pas sérieuse. Cette question, partie d’un sondage réalisé à partir de 1500 personnes pour l’Union des transports publics (UTP), n’avait sans doute pas vocation à apporter une connaissance supplémentaire sur la pandémie, puisqu’il existe des études épidémiologiques sérieuses, effectuées non pas à partir de 1500 quidams, mais de dizaines de milliers de cas médicaux. A quoi sert cette question, alors? A révéler les angoisses les plus répandues?

Baromètre insuffisant. Une autre enquête, également réalisée par l’Ifop, commandée cette fois par un loueur automobile et baptisée « baromètre » car elle est renouvelée chaque année, apporte une assertion implacable: « la voiture est essentielle à la mobilité des Français ». 1003 personnes ont été interrogées, et 76% d’entre elles assurent qu’elle se déplacent en voiture pour rejoindre leur travail, « soit 4% de plus qu’en 2019 ». Les informations tirées de ces 1003 questionnaires remplis en ligne sont étonnamment précises: la distance moyenne entre le domicile et le travail serait de 19 kilomètres, le temps de trajet moyen de 24 minutes, et on compterait précisément 57,8% des répondants dont le trajet ne dépasse pas les 20 minutes.

Pourtant, il existe, au sujet des déplacements domicile-travail, des enquêtes sérieuses réalisées à partir d’entretiens téléphoniques pour le compte de collectivités locales, appelées « enquêtes mobilités certifiées Cerema » et décrites ici, comme le souligne l’ingénieur Mathieu Rabaud. Les déplacements quotidiens sont également observés scrupuleusement par les recensements de l’Insee. Ces enquêtes fouillées ont par exemple permis d’isoler la donnée suivante: 42% des personnes qui travaillent à moins d’un kilomètre de chez eux s’y rendent en voiture (davantage de précisions ici).

Sondage Odoxa pour BMW, novembre 21.

Sondage peu crédible. Le constructeur automobile BMW s’est, lui, intéressé à la mobilité des Franciliens. Odoxa a sondé 500 personnes vivant en Ile-de-France, sur un total de 2500 personnes interrogées, et les résultats ont été baptisés « Le vrai visage de la mobilité en Ile-de-France ». Curieusement 86% des sondés vivant à Paris en petite couronne utilisent la voiture pour leurs déplacement. Ça semble énorme, compte tenu du taux d’équipement automobile qui ne dépasse pas 70% dans ce même périmètre. Mais attention, en réalité, seulement 19% le font tous les jours.

Et puis, autre surprise, 85% des 500 personnes sondées jugent leurs trajets quotidiens « agréables ». Suivent différentes questions montrant que les sondés veulent davantage de bornes pour les voitures électriques, mais qu’ils apprécient modérément l’interdiction des voitures thermiques. En revanche, dans leur large majorité, ils semblent favorables à ce que les centres-villes soient « totalement piétonniers », ce que personne ne propose pourtant (erreur rectifiée, cf commentaire de PhLev).

Sondage Odoxa pour BMW, novembre 21.

Extrapolations hasardeuses. Que faire de tous ces chiffres? Rien. Il ne s’agit pas de remettre en cause les méthodes des sondeurs, qui sont connues et éprouvées. Mais il se trouve que « le vrai visage de la mobilité en ile-de-France » a déjà été scruté par une enquête globale de transport en 2018.

Au fond, avec tous ces sondages faits à la va-vite, c’est un peu comme si on mesurait le nombre d’accidents de la route en interrogeant 1018 conducteurs automobiles selon la méthode des quotas : « avez-vous eu un accident récemment? Si oui, était-ce grave? » Et pour établir le taux de mortalité, on pourrait aussi demander à 997 personnes: « déplorez-vous le décès de l’un de vos proches cette année? Quel âge avait-il? »

« Consultation » comprenant une seule question, novembre 21.

Consultation bidon. Dans cette liste des publications farfelues, il faut ajouter cette « consultation » proposée du 10 au 30 novembre par Valérie Pécresse, présidente de la région Ile-de-France et aussi (surtout?) candidate à l’élection présidentielle. Le questionnaire, proposé aux habitants de l’Ile-de-France, entendait réagir à un rapport de la ville de Paris consacré à l’avenir du périphérique. A la question « Êtes-vous pour ou contre la suppression d’une voie de circulation pour tous sur le périphérique parisien? », 80000 personnes ont participé, ce qui est beaucoup plus que pour un sondage, et à 90%, elles ont répondu « non ». Sauf que la ville de Paris, dans son rapport, n’a jamais envisagé de supprimer une voie, mais de la réserver aux bus et taxis, et au covoiturage. La question est donc mensongère.

En réalité, Valérie Pécresse, en pleine campagne électorale à laquelle participe également sa rivale préférée, Anne Hidalgo, a voulu instrumentaliser un débat sur la mobilité. Elle espère faire croire à ses électeurs potentiels qu’ils sont parfaitement légitimes à emprunter seuls leur voiture, quel que soit leur trajet. Cette consultation n’est pas seulement bidon, elle va à l’encontre ce que répète Mme Pécresse depuis son élection en 2015, « il faut en finir avec l’autosolisme ».

Baromètre des villes cyclables, novembre 21.

Baromètres marchables et cyclables à grande échelle. Enfin, il faut évoquer ici les baromètres des villes cyclables et des villes marchables, conçus par des fédérations associatives qui incitent les usagers à noter la manière dont leur commune prend en compte ces manières de se déplacer. Ces deux consultations, dont les dernières éditions ont rassemblé respectivement 277000 (à l’automne 2021) et 43000 réponses exploitables (à l’hiver 2021), ne sont pas exemptes de critiques. Contrairement aux sondages, elles ne reposent pas sur la méthode des quotas. Un participant ne peut certes pas voter plusieurs fois pour la même ville, mais peut le faire pour chacune des villes où il a ses habitudes. Il n’est pas exclu qu’une municipalité ou qu’un groupe de pression incite ses soutiens à voter massivement et « bourre les urnes ». La Fédération des usagers de la bicyclette (FUB) assure d’ailleurs qu’elle croise divers paramètres pour débusquer les flux de réponses suspects.

Démocratie participative. Mais ces deux enquêtes présentent tout de même des garanties qui les différencient nettement des sondages rapides ou des consultations biaisées. D’abord parce que les répondants doivent remplir un questionnaire assez long, près de 50 questions dans le cas du baromètre des villes cyclables, contre une seule dans le cas de la « consultation » de Mme Pécresse sur le périphérique parisien. « Répondre par oui ou non à une question n’est pas une forme de participation citoyenne qui permet d’arriver à une forme de consensus », regrette d’ailleurs, dans Le Parisien, Hugo de Brouwer, responsable de la société Citizenlab, spécialisée dans la participation citoyenne. Ensuite, les baromètres des villes marchables et cyclables sont ouverts à tous et, plus les réponses sont nombreuses, plus cela se rapproche d’un exercice de démocratie participative.

Mais pourquoi tant de consultations? Reste à examiner les raisons pour lesquelles, sur le sujet de la mobilité, on multiplie ainsi les consultations virtuelles, plus ou moins sérieuses. Ce n’est pas tant la mobilité qui est en cause, d’ailleurs, que l’usage de la voiture pour tous les trajets. Même si la société motorisée est une impasse pour des raisons sociales, sanitaires, économiques, environnementales, spatiales, le lobby automobile a réussi à faire croire que l’attachement à la voiture individuelle était une évidence très partagée. Dès lors, les responsables politiques qui, hors campagne électorale, admettent qu’il faut sortir de cette impasse, marchent sur les œufs au moment de trancher, voire adoptent une position opposée, imaginant ainsi flatter le bon sens populaire.

Rue piétonne de Charleville-Mézières, octobre 21.

Des référendums dans la vie réelle. On signalera enfin que, ces dernières semaines, plusieurs consultations référendaires locales ont porté sur le sujet de la mobilité. A La Courneuve (Seine-Saint-Denis), les votants ont largement approuvé une réglementation plus stricte du stationnement automobile, la protection accrue des écoles contre le stationnement sauvage et la mise en place d’une zone à 30 km/h. A Charleville-Mézières, un schéma des mobilités comprenant notamment la limitation à 30 km/h et des pistes cyclables a été adopté par 56% des votants le 28 novembre. Au Kremlin-Bicêtre (Val-de-Marne), le même jour, un scrutin portait même sur le déplacement du marché hebdomadaire de quelques dizaines de mètres, afin de laisser davantage d’espace aux piétons et aux cyclistes.

Dans ces trois cas, ces propositions dans lesquelles le maire s’est directement impliqué ont été adoptées. Mais le plus frappant est sans doute que la participation a été faible, voire microscopique, 15,6% à Charleville-Mézières, 7,5% à La Courneuve, et 6,5% au Kremlin-Bicêtre. Au fond, la place de la voiture individuelle, qui paralyse les décideurs, déchaîne-t-elle vraiment autant de passions qu’on le croit?

Olivier Razemon (l’actu sur Twitter, des nouvelles du blog sur Facebook et de surprenants pictogrammes sur Instagram).

 

 

 

 

 

25 réponses à « La mobilité au crible de l’opinion: questions biaisées, consultations bidon, sondages redondants, baromètres contestables… »

  1. Avatar de bertrand
    bertrand

    « Que faire de tous ces chiffres? Rien. Il ne s’agit pas de remettre en cause les méthodes des sondeurs, qui sont connues et éprouvées. »
    Les sociétés de sondage, institut c’est là pour faire scientifique, ont effectivement des méthodes éprouvées pour fournir les résultats voulus par leurs clients. Que cela corresponde à une quelconque réalité ne les intéresse pas.

    Utiliser la moyenne des distances parcourues comme résultat d’une « enquête » sur les mobilités est un exemple frappant.
    Mettons que sur 100 personnes, 99 fassent 5 km et 1 personne 100km. La moyenne sera de 59,5km. Mathématiquement c’est exact. Statistiquement c’est un mensonge. Le bonne indicateur sera plutôt la médiane (50% font moins, 50% font plus).

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    1. Avatar de Florent
      Florent

      Dans l’exemple donné ci-dessus, j’arrive plutôt à une moyenne de 5,95 km.

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    2. Avatar de mro
      mro

      Votre calcul est faux, le résultat de votre exemple est de 5,95 km.

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      1. Avatar de Vincent
        Vincent

        Par ailleurs, quand la dispersion est importante, on peut utiliser la médiane pour donner un chiffre plus proche de la réalité que la moyenne, ou dire quelque chose comme « 80% des gens vivent à moins de x km de leur lieu de travail ».

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    3. Avatar de HollyDays
      HollyDays

      @bertrand
      Petite erreur de calcul et d’ordre de grandeur : si 99 personnes font 5 km et 1 personne fait 100 km, le déplacement moyen par personne est de 5,95 km, pas dix fois plus. 😉
      Je suis d’accord qu’utiliser la médiane plutôt que la moyenne est généralement plus informatif, mais ce n’est pas toujours le cas. Dans votre exemple, la médiane est de 5 km. Et elle serait encore de 5 km si 51 personnes faisaient 5 km et 49 personnes faisaient 100 km (auquel cas, la moyenne serait de 51,55 km). En fait, il faudrait plutôt utiliser les 3 quartiles, ou la médiane et les 2 quintiles extrêmes, histoire d’avoir une idée des effets de la distribution. Hélas, beaucoup de gens se persuadent que dès qu’il y a plus qu’un nombre, « c’est trop compliqué ! »

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    4. Avatar de Alcofibras
      Alcofibras

      Ah la médiane ! faudrait au moins l’enseigner dans le primaire ! on chante le « Français moyen » mais pas le « Français médian » !
      A Nantes, les chauffeurs de bus veillent au masque. Mais dans le train (j’ai fait Nantes/Bordeaux), la SNCF est pour la liberté de tous et de toux.
      Quant au bars, on vient d’avoir la semaine Bar Bars, et tout le monde sait que dans les bars on ne pratique pas la densité, ben dame !

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  2. Avatar de Phil
    Phil

    Même si les intentions du commanditaires n’étaient pas innocentes, les craintes des sondés concernant la contamination dans les transports franciliens ne sont pas infondées.
    [Commentaire modifié, phrase injurieuse supprimée OR]

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    1. Avatar de Olivier Razemon
      Olivier Razemon

      J’ai supprimé de votre commentaire la phrase injurieuse pour les voyageurs.
      Par ailleurs, non, la contamination n’est pas plus importante dans les transports publics que dans les bars ou les dîners en famille, de loin.
      OR

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  3. Avatar de marti
    marti

    Ce qui est marrant c’est qu’à lire les questions du referendum, on dirait qu’à La Courneuve le seul problème c’est la circulation ou le stationnement automobile.
    C’est oublier un peu vite les vrais problèmes de La Courneuve : la saleté avec des dépôts sauvages à tous les coins de rue, des trottoirs et des espaces communs dans un état lamentable, commune communautarisée, manque de commerces traditionnels, écoles mal entretenues.
    Face à tout ça, faire un referendum sur la 5G et le stationnement, laissez moi rire…

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    1. Avatar de Olivier Razemon
      Olivier Razemon

      Vous connaissez La Courneuve ou vous y appliquez juste vos fantasmes?
      Souvent, lorsqu’une ville de banlieue est pauvre, en mauvais état, c’est parce que les habitants, dont certains sont venus d’autres continents pour se mettre au service de la population française, y trouvent la vie rude, pénible. L’espace public entièrement dédié à la voiture, dans une ville où 50% des ménages n’en possèdent pas, est l’une des principales nuisances qu’ils subissent. Limiter le bruit, l’insécurité routière, la pollution, rend aussi une ville plus vivable et supportable.
      OR

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      1. Avatar de marti
        marti

        Alors je connais La Courneuve car je vais beaucoup dans le 93-95 (où j’ai grandi), donc je n’ai pas de fantasmes mais une expérience du « milieu ».

        Et avant de s’attaquer à l’insécurité routière, il vaudrait mieux d’abord s’attaquer à la délinquance de rue. pour mémoire, en sortant du métro à La Courneuve, vous pouvez acheter cigarettes de contrebande, des iphones volées et toutes les substances voulues (au milieu desquels la Police municipale passe tranquillement sans aucune velléités de faire cesser le trafic). Et je passe sur les marchands de sommeils.

        En nb de cas pour 1000 habitants (et à La Courneuve ils sont 45000 habitants).
        -violences aux personnes : 28 cas pour 1000 contre 11 pour la France
        -Vols et dégradations : 37 cas pour 1000 contre 24 pour la France
        Donc franchement, la police municipale et la municipalité ont d’autres sujets que le stationnement à régler pour rendre la ville « plus vivable et plus supportable » comme vous dites.

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      2. Avatar de Olivier Razemon
        Olivier Razemon

        Je ne vois pas pourquoi l’un, la limitation des violences routières, empêcherait l’autre, la lutte contre les trafics que vous décrivez et qui sont certes répréhensibles, mais sans conséquences immédiates sur la vie quotidienne des habitants.
        OR

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      3. Avatar de marti
        marti

        « …trafics que vous décrivez et qui sont certes répréhensibles, mais sans conséquences immédiates sur la vie quotidienne des habitants. »

        Vous n’y allez jamais ça se voit tout de suite.
        Quand on a un taux de délinquance et de criminalité si élevé croyez moi ça change la vie quotidienne.
        Et toute cette insécurité est directement liée aux trafics.

        relisez les chiffres : vous avez 3 fois plus de risques d’être victime de violences à La Courneuve que le français moyen. je pense que ça change un peu la vie quotidienne et pas forcément en bien.

        Après si vous pensez que face à tout ça, le plus important c’est de revoir le stationnement, ok.

        et on peut pas pas assimiler le stationnement anarchique aux abords des ecoles à de la violence routière. quand même…

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      4. Avatar de mat b
        mat b

        Et bien justement marti, là où tu devrais te mettre à la page, c’est en te renseignant comment la délinquance se déploie. Et, elle n’y va pas par quatre chemins (oh mon ancien chez moi), elle fait son territoire grâce aux véhicules motorisés.

        Un point de deal dans la rue, on le protège en garant des voitures sur les trottoirs autour. Des clients à domicile, surement pas des habitants de la Courneuve mais on les livre en 2rm.

        Poussons un peu, la cargaison, tu crois qu’elle arrive en train? En stop? En Volvo?
        Non, en voiture super puissantes.

        Les dealers, tu penses que ce sont des sauvages?

        Puisque je suis du coin moi aussi, j’ai eu l’occasion de filmer un transfert lors d’un tournage de film (que OR a vu).

        Les mecs ont fait leurs bizness tranquilles, comme si ne rien n’était.

        15 minutes plus tard, fini les merco et les audi, ils sont revenus à 5 balèzes dans une 205. En plein milieu des francs Moisins, bonjour, vous nous avez filmé tantôt, tralala, droit à l’image, veuillez nous effacer, merci. Ils auraient pu nous retourner ou quoi que ce soit, et bien non, ils ont affiché une courtoisie dont tu n’es pas capable.

        Presque des vendeurs de voitures.

        Alors garde ton 93 fantasmé des 70’s, salut

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      5. Avatar de marti
        marti

        les go fast je pense qu’ils se foutent un peu des règles de stationnement…

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      6. Avatar de Chico
        Chico

        Oui, ces remarques montrent une approche vraiment « hors-sol ». Ou comment décréter ce qui est important pour les gens en ayant une connaissance limitée de leur quotidien. Le commentaire sur les trafics « sans conséquences immédiates sur la vie quotidienne des habitants » est particulièrement savoureux. Enfin, on ne peut pas être spécialiste de tout (sauf Mat B bien sur :-)).
        Ayant moi aussi grandi dans un quartier populaire et très criminogène (dans Paris intramuros), je peux témoigner que la circulation et la pollution ne sont qu’un des nombreux problèmes des habitants, parmi une myriade d’autres soucis: la propreté, la sécurité, l’éducation, la santé. Après quand on veut absolument tout relier à la voiture, on y arrive forcément…

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      7. Avatar de Olivier Razemon
        Olivier Razemon

        Vous avez réussi ce à quoi excellent les polémistes: m’entraîner sur un terrain que vous avez choisi et qui n’était pas le propos du départ. Félicitations.
        Le sujet ici, c’est la légitimité de la ville de La Courneuve de proposer un référendum sur la circulation et le stationnement qui génèrent, quoi que vous le disiez, de fortes nuisances pour les habitants, notamment en raison des coupures urbaines qui strient la Seine-Saint-Denis. Je ne vois pas pourquoi il faudrait abandonner les habitants des banlieues à ces nuisances sous prétexte qu’il existe aussi des trafics divers et variés.
        OR

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  4. Avatar de pedibus
    pedibus

    un article bien intéressant sur cette opinion, dont la fabrication ne jaillit jamais clairement de l’enquête, même dans les meilleurs labos des sciences humaines…

    au sujet des enquêtes ménages déplacements (EMD) on déplore une forte hétérogénéité du territoire avec des agglos – leur EPCI ou un périmètre plus englobant – qui lancent régulièrement la leur à peu près tous les dix ans, et d’autres qui sembleraient méconnaître leur existence et l’intérêt de connaître les pratiques locales de déplacement… ;
    la carte ci-dessous (édition CEREMA 2019) nous apprend par exemple qu’à Orléans la dernière EMD date de… 1976 !
    les chiffres sont à peine plus « frais » à Perpignan (1984) ou à Troyes (1998)…

    Cliquer pour accéder à 19-10-18_-_carte_ed_certu-fiche_version_cerema.pdf

    qui de la Commission européenne ou de la législation française se décidera en premier à imposer aux plus grandes agglos de lancer à date fixe et régulière une EMD… ? le bon sens imposerait que la date en question soit l’avant-dernière année du mandat local, afin qu’aux élections suivantes soit possible de faire le bilan des politiques publiques locales à effets sur le logement et la mobilité, au-delà donc du simplisme sectoriel…

    on déplore également que le CEREMA a cessé depuis 2016 d’ouvrir au public les statistiques de transports urbains : son « annuaire statistique » avec comparatif cinq ans en arrière n’est plus mis à jour ; reste encore pour les chercheurs la ressource de l’UTP mais en devant régler une coquette somme pour se procurer les chiffres, effet dissuasif sans doute pour beaucoup d’étudiants…

    pour en revenir de façon plus directe à notre sujet, l’opinion, il ne faudrait pas non plus que celle des édiles et des habitants viennent se renforcer l’une l’autre pour stopper tous les projets de transports en commun en site propre, les projets de nouvelles lignes de tram en particulier :

    en effet face à la baisse de fréquentation des transports urbains, qu’on espère passagère, il ne faudrait pas qu’on cesse de juger comme sous-dimensionnée l’offre actuelle… ; situation qui pourrait être le cas par exemple dans l’agglo bordelaise… :

    les projets de nouvelles lignes de tram sont abandonnées avec à la place l’ersatz de crise du bus, dit à « haut niveau de service » pour les uns, et à « au niveau de saturation » pour les plus critiques et lucides ; un bon article là-dessus ici :

    http://transporturbain.canalblog.com/archives/bordeaux/index.html

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  5. Avatar de @Matttrab
    @Matttrab

    Merci de citer les « Enquêtes Ménages Déplacements », on parle désormais des EMC² : Enquêtes Mobilités Certifées Cerema qui sont présentées de manière plus détaillées sur le site du Cerema :
    https://www.cerema.fr/fr/activites/mobilites/connaissance-modelisation-evaluation-mobilite/observation-analyse-mobilite/enquetes-mobilite-emc2

    A noter l’existence d’une enquête nationale sur le même principe réalisée en 2018/2019 sur l’ensemble de la France métropolitaine : https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/comment-les-francais-se-deplacent-ils-en-2019-resultats-de-lenquete-mobilite-des-personnes

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    1. Avatar de Olivier Razemon
      Olivier Razemon

      Merci pour ces précisions Mathieu. Je modifie dans le texte.
      OR

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  6. Avatar de PB
    PB

    Et oui que feraient nos amis publicistes, politiciens et autres pour capter un peu de lumière dans l’espace (sur)médiatique, on invente des sondages pour trouver celui qui nous plait et sortir la bonne accroche et exister quelques instants pour se vendre… Boule de neige avec les media et réseaux sociaux, sans analyse ni point de vue contradictoire la plupart du temps…
    Comment effectivement avancer sur ces débats qui sont pourtant fondamentaux sur notre vie quotidienne avec ces fake news… Les avancées scientifiques/technologiques/industrielles permettront peut être de répondre plus efficacement à ces questions que le piètre débat actuel.

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  7. Avatar de Grichnouk
    Grichnouk

    Des sondages pour chercher des arguments « ad populum » ? Pour mieux nier la réalité : un nombre importants de nos conscitoyens préfèrent nuire au genre humain, en parfaite connaissance de cause, parce que marcher ou faire du vélo c’est trop fatiguant, même pour 5 kilomètres.

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  8. Avatar de PhLev
    PhLev

    Cher Olivier,
    Pouvez-vous préciser ce que vous entendez par  » dans leur large majorité, ils s’opposent à ce que les centre-villes soient « totalement piétonniers » », alors que dans l’illustration qu vous proposez, cette « large majorité » semble être de seulement 41% contre 58%, avec même 54% d’automobilistes favorables à cette mesure.
    Par ailleurs, la convergence d’opinion entre les habitants de Paris et ceux de la périphérie sur cette question (écarts de l’ordre du % entre les différentes population sur chaque question) est un enseignement intéressant.

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    1. Avatar de Olivier Razemon
      Olivier Razemon

      Eh bien, je me suis planté.
      J’ai mal lu, mal regardé, mal analysé.
      Merci de l’avoir remarqué. J’ai modifié le texte.
      OR

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  9. Avatar de Toulousain
    Toulousain

    Bonjour,
    est-ce que la diminution de fréquentation tient compte de la diminution de l’offre? C’est le cas chez moi, où les intervalles de passage ont été augmentés et certains trajets « aménagés » (raccourcis), sur certaines parties de la journée ou définitivement.

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