Sur le marché de Douai (Nord)

Quand, sur le bitume urbain, la température atteint les 40 degrés, chacun limite les sorties, et les conséquences de l’épidémie de solitude sont encore plus tragiques. Mais en début de matinée, au marché, sous un soleil encore rasant, chacun discute quelques minutes avec ses voisins.

Dans le centre de Bordeaux, le nouveau maire Thomas Cazenave a décidé, quel génie, de remplacer des parterres fleuris par des places de stationnement. Le marché forain, lui, propose l’inverse: piétonniser temporairement une place faisant habituellement office de parking.

Fleurs et pains. Récemment, Gabriel Attal s’est plaint de ne pouvoir, le 1er mai, se rendre chez le fleuriste et à la boulangerie. L’ancien Premier ministre est le soutien le plus emblématique du projet de loi qui voulait (je résume) généraliser le fait de travailler le jour de la fête du travail. Et pourtant, s’il fréquentait les marchés en-dehors des campagne électorales, Gabriel Attal saurait qu’on y trouve du pain ou des fleurs, même les jours fériés. Car les commerçants ambulants ont l’autorisation de vendre ce jour-là.

La montée des ténèbres. Les premières mesures prises par les maires d’extrême-droite élus dans de nombreuses petites villes sont alarmantes: suppression des subventions aux associations défendant les droits de l’homme (La Flèche), interdiction de spectacle (Castres), réduction massive du budget dédié à la culture (La Seyne/Mer), silence imposé aux syndicats de salariés (Liévin), suppression d’un marché populaire de fripes (Carcassonne). Une étude récente a confirmé que le déclin des services et commerces favorise le vote pour l’extrême-droite. Quand on ne se croise plus, on a tendance à attribuer aux autres la responsabilité de ses problèmes. En facilitant au contraire la rencontre et la convivialité, le marché hebdomadaire est un antidote au repli sur soi. Le marché n’est pas un événement exceptionnel, complexe à mettre en place, mais un rendez-vous récurrent, et les municipalité ont l’habitude et la compétence pour l’organiser. C’est du « déjà-là ».

Ainsi, le marché hebdomadaire répond à de nombreuses préoccupations, et n’est toujours pas utilisé à sa juste valeur.

Invité par la télévision Notélé, à Tournai, en Belgique, j’ai eu l’occasion de plaider cette cause dans l’émission que vous trouverez ci-dessous.

Olivier Razemon

(20 minutes environ. Attendre deux secondes que la visio se déclenche).

https://www.notele.be/it505-media165782-le-plus-de-l-info-les-marches-levier-de-la-revitalisation-des-centres-urbains.html

PS: Notélé, contrairement à ce que son nom laisse penser, n’est pas une anti-télé, une négation de la télé, mais la transcription écrite de « notre télé », celle de la « Wallonie picarde », la région du Hainaut qui se situe autour de Tournai.

Jacky est venu au marché de Douai avec son vélo électrique.

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