Les berges du Rhône, à Lyon, le 12 juillet. Le sommet de la tour Incity indique le niveau de pollution de l’air attendu le lendemain. Rouge = très pollué.

Vous avez chaud? Nous aussi. A Lyon, l’épisode est long. On ne fait plus trop la différence entre les canicules successives. La température maximale demeure au-dessus de 30 degrés, et souvent à près de 40, depuis le 13 juin, ce qui constitue un record. Il fait souvent 28 degrés à minuit. Pendant ce temps, dans le détroit d’Ormuz, le pétrole passe au compte-gouttes. Le prix à la pompe n’est pas près de redescendre.

Et que fait la Métropole de Lyon ? Elle remet des voitures dans les rues du centre-ville.

Ceci nécessite un peu d’explications. Vous vous souvenez des municipales ? Les Lyonnais avaient réélu in extremis leur maire, l’écologiste Grégory Doucet, contre Jean-Michel Aulas, « Monsieur football », soutenu par toute la droite, alors que les sondages donnaient ce dernier largement vainqueur depuis des mois. A Lyon et ailleurs, on était soulagé. Mes amis Parisiens, ravis d’avoir renvoyé Rachida Dati à ses bijoux, me disaient: « bravo, vous avez sauvé votre maire ». Puis on était passé à autre chose.

Mais Lyon ne fonctionne pas comme Paris ou Nantes. La deuxième agglomération de France a un système institutionnel et électoral unique en son genre. La Métropole, qui compte 58 communes et 1,4 millions d’habitants, est élue au suffrage universel direct, et dotée de pouvoirs immenses. Elle gère un budget de 4 milliards d’euros, contre 1,1 milliard pour la ville de Lyon, qui compte 520000 habitants. La Métropole contrôle notamment la voirie. Ce qui avait permis à l’exécutif précédent, dirigé par l’écologiste Bruno Bernard, de construire un réseau cyclable, les « voies lyonnaises », qui a fait bondir en quelques années la pratique du vélo.

Comme une sous-préfecture. Le nouvel exécutif métropolitain, gouverné par la droite, a promis de « fluidifier » le trafic et de « rééquilibrer » l’espace public en faveur de la voiture. Quelques mesures ont déjà été prises, d’autres doivent suivre. Oui, exactement comme une sous-préfecture qui transformait, en 2014, une place piétonne en parking ou supprimait une piste cyclable pour remettre du stationnement. Ça se passe à Lyon en 2026.

En ces temps de catastrophe climatique, les décisions absurdes du gouvernement, consistant à amputer le fonds vert, à remettre des passoires thermiques sur le marché ou à encourager l’artificialisation des sols, sont dénoncées à juste titre et abondamment commentées. Mais personne ne semble avoir compris qu’à Lyon, la Métropole est en train de transformer des rues piétonnes en voies motorisées.

Tout ceci, et bien d’autres choses, nous le racontons dans la dernière édition de Mobilettre, newsletter spécialisée sur la mobilité, qui paraît chaque semaine.

Olivier Razemon

2 réponses à « A Lyon, en pleine canicule, la Métropole encourage le tout-voiture »

  1. Avatar de powerfulunabashedlye0bd70857a
    powerfulunabashedlye0bd70857a

    Oui, contrairement à ce que j’ai pu dire il n’y a pas si longtemps : des élus locaux, parfaitement informés, décident encore (sans concertation) de privilégier la circulation automobile. Je croyais que c’était derrière nous et que les élus de droite avaient franchi un cap. Il n’en est rien ! Comment peut-on être élu local et à ce point dogmatique ??!

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  2. Avatar de Nnao
    Nnao

    Se cachant derrière une brume communicative, la métropole s’engage dans une voie qui ne semble pas être celle de l’histoire. Il sera intéressant de vivre ce mandat et de voir si la contestation citoyenne ira s’exprimer jusqu’au tribunal administrative. Jurisprudence oblige, la régression d’aménagement cyclable au profit du tout voiture pourrait se heurter aux décisions dépassant les prérogatives de la métropole.

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